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Franco de port : définition, seuil et différence avec le port dû

Le franco de port désigne une vente où les frais de livraison sont à la charge du vendeur. L'acheteur paie la marchandise, pas le transport : le port est inclus dans le prix ou offert. Chez les grossistes, le franco de port est presque toujours conditionné à un montant minimum de commande, le « franco à partir de X € ». Sous ce seuil, l'acheteur règle les frais de port ; au-dessus, la livraison est gratuite. Le terme s'oppose au port dû, où le destinataire paie le transport à la réception.

Franco de port : définition simple

Concrètement, le franco de port est une clause commerciale qui affiche un prix rendu, livraison comprise.

D'où vient le mot « franco »

Le mot vient de l'italien. « Franco de port » dérive de franco porto, et le verbe italien affrancare signifie affranchir. L'image est celle du courrier : on affranchit une lettre avec un timbre, et le destinataire reçoit sans rien débourser.

L'expression a remplacé « franc de port », aujourd'hui vieillie. Dans le langage commercial actuel, on écrit « franco de port » ou simplement « franco ». On rencontre aussi « franco de port et d'emballage » quand le vendeur couvre le transport et le conditionnement.

Franco de port, port dû et port payé : les différences

Trois expressions décrivent qui paie le transport. On les confond souvent, alors qu'elles ne disent pas la même chose.

  • Franco de port : le vendeur supporte le coût du transport. L'acheteur ne paie pas de port. Le montant est inclus dans le prix ou offert au-delà d'un seuil.
  • Port dû : le destinataire paie les frais de transport à la réception. Le port est « dû » à l'arrivée. C'est le cas quand l'acheteur passe par son propre compte transporteur ou n'atteint pas le seuil de franco.
  • Port payé : l'expéditeur a réglé le transporteur au départ. Nuance avec le franco : un envoi « port payé » peut être refacturé à l'acheteur sur une ligne dédiée, alors que le franco n'est pas refacturé.

Le contraire du franco de port est le port dû ; en matière d'organisation, la vente « départ » (ex works) laisse à l'acheteur tout le transport depuis les locaux du vendeur.

Mention Qui paie le transport Quand / où c'est réglé Ce que règle l'acheteur Propriété / risque
Franco de port Le vendeur Inclus dans le prix, ou offert au-delà du seuil La marchandise seule (port à 0) Non déterminé par la clause (voir note)
Port dû L'acheteur (destinataire) À la livraison, à l'arrivée La marchandise + le port encaissé à réception Non déterminé par la mention (voir note)
Port payé L'expéditeur (vendeur) Au moment de l'expédition, au départ La marchandise + le port si le vendeur le refacture Non déterminé par la mention (voir note)

Ces trois mentions portent seulement sur le paiement du transport : elles ne fixent ni le transfert de propriété, ni celui des risques. La clause franco de port ne retarde pas le passage de propriété à l'acheteur ; le transfert des risques dépend, lui, du contrat de transport ou de l'Incoterm retenu. Pour fixer ce point de transfert précis, un Incoterm s'impose, pas la seule mention « franco de port ».

Le « franco à partir de X € » : le seuil de franco

Chez un grossiste, le franco de port est rarement inconditionnel : il s'active à partir d'un montant de commande, le seuil de franco, formulé « franco à partir de X € » ou « livraison offerte dès X € ».

Sous le seuil, l'acheteur paie des frais de port : un forfait, ou un calcul au poids et au volume. Au-dessus, la livraison passe à zéro.

Exemple concret. Un fournisseur fixe son franco à 100 €. Une commande de 50 € reste sous le seuil : l'acheteur paie, par exemple, 10 € de frais de port. Une commande de 110 € dépasse le seuil : le port passe à 0 €. Ajouter 60 € de produits fait donc économiser les 10 € de transport.

Le seuil varie fortement selon le fournisseur et la zone : 145 € pour la France métropolitaine chez l'un, 200 € HT chez l'autre, davantage pour l'Europe ou les zones éloignées. Il est tantôt hors taxes, tantôt TTC — à vérifier sur le tarif et les CGV, car cela change le panier réel à atteindre.

Pourquoi les grossistes fixent un seuil

Le transport a un coût fixe par expédition : sur une petite commande, il pèse une part énorme du montant et grignote la marge du vendeur. Le seuil de franco correspond au niveau de commande à partir duquel le fournisseur accepte d'absorber le port sans travailler à perte.

Beaucoup de grossistes ajustent le franco par zone géographique — métropole, Corse, outre-mer, export — ou le calent sur le poids et la palette, une livraison volumineuse coûtant plus cher à expédier qu'un colis léger de même valeur.

Comment le franco de port fonctionne en B2B

Dans une relation grossiste-détaillant, le fournisseur publie son seuil dans ses conditions générales de vente et sur ses tarifs : l'acheteur connaît à l'avance le montant à atteindre pour ne pas payer le transport. Sur un annuaire comme le nôtre, comparer les catégories de grossistes aide à repérer ceux qui affichent un franco accessible pour votre volume.

Le seuil pèse aussi sur la fréquence des commandes : multiplier les petites commandes multiplie les frais de port, tandis que regrouper ses achats pour franchir le franco réduit le coût de transport unitaire.

Côté acheteur : atteindre et négocier le franco de port

Le franco de port est un levier d'achat. Quelques réflexes réduisent la facture de transport.

  • Grouper les commandes. Plutôt que trois petites commandes sous le seuil, une seule au-dessus du franco. On mutualise les références d'un même fournisseur pour dépasser le montant minimum.
  • Compléter le panier. À quelques euros du seuil, ajouter des produits à rotation rapide coûte souvent moins cher que de payer le port. Un détaillant proche du franco chez ses grossistes en vaisselle a intérêt à compléter avec des références qui se vendent vite.
  • Négocier le seuil. Un client régulier ou à gros volume peut demander un abaissement du franco dans ses conditions commerciales. C'est un point de négociation classique, au même titre que la remise.
  • Comparer avec le port dû. Avec un compte transporteur négocié, faire livrer en port dû revient parfois moins cher que d'atteindre un franco élevé en surstockant.

Le piège du surstockage. Gonfler une commande juste pour décrocher le franco n'a de sens que si les produits tournent. Immobiliser de la trésorerie dans du stock qui dort coûte plus cher que les quelques euros de port économisés. Le franco est un bonus, pas une raison d'acheter ce dont on n'a pas besoin.

Pour l'emballage, pensez aussi à vos propres expéditions. Un détaillant qui réexpédie ses colis a intérêt à sourcer ses cartons chez des grossistes en emballages au franco, pour ne pas empiler les frais de transport sur les consommables.

Franco de port sur la facture et dans les CGV

Sur la facture, deux cas se présentent. Commande au-dessus du seuil : pas de ligne de port, ou une ligne à 0 €. Commande sous le seuil : une ligne « frais de port » distincte, soumise à la TVA, en règle générale au même taux que la marchandise transportée.

Dans les CGV, le vendeur précise le seuil de franco, les zones concernées et le mode de calcul des frais quand le franco n'est pas atteint — une transparence qui évite les litiges sur le montant final.

Côté comptable, les frais de transport supportés par l'acheteur s'enregistrent en charges, au poste « transports sur achats ». Les ports refacturés par le vendeur s'enregistrent en produits, au poste « ports et frais accessoires facturés ». Quand la vente est au franco, le vendeur conserve le coût du transport en charge et ne le refacture pas au client.

Franco de port et Incoterms

« Franco de port » est une expression commerciale française, pas un Incoterm officiel. Les Incoterms de la Chambre de commerce internationale portent des codes normalisés (EXW, CPT, DAP, DDP, entre autres) et fixent, en plus du paiement du transport, le point exact de transfert des risques.

La logique « le vendeur paie le transport » se rapproche des Incoterms comme CPT (port payé jusqu'à) ou DAP (rendu au lieu de destination). Mais « franco de port » seul ne dit rien du transfert des risques. Pour une vente domestique en France, l'expression suffit dans la plupart des cas ; pour un contrat international, un Incoterm précis vaut mieux.

En anglais, le franco de port se traduit par carriage paid ou free of shipping charges, selon le contexte.

Questions fréquentes sur le franco de port

Qu'est-ce qu'un prix franco de port ?

Un prix franco de port est le prix de la marchandise hors frais de livraison, ces frais étant pris en charge par le vendeur. Le vendeur organise aussi le transport et choisit le transporteur. L'acheteur règle donc uniquement les produits, sans supplément de port.

Qu'est-ce que le franco de port dans un contrat ?

C'est une clause du contrat de vente qui met les frais de transport à la charge du vendeur. Elle ne retarde pas le transfert de propriété vers l'acheteur. Le transfert des risques, lui, dépend du contrat de transport applicable.

Le franco de port est-il de 500 € ?

Non, il n'existe pas de montant universel. Le seuil de franco est fixé par chaque fournisseur. On rencontre des seuils très variés, par exemple 200 € HT pour la France et 500 € HT pour l'Europe chez certains grossistes. Le chiffre de 500 € n'est qu'un cas parmi d'autres, pas une règle.

Pourquoi dit-on « franco » ?

« Franco » vient du verbe italien affrancare, qui veut dire affranchir. C'est la même idée que pour une lettre : l'expéditeur paie l'acheminement au départ, avec un timbre, et le destinataire reçoit sans frais. Le mot a remplacé l'ancien « franc de port ».

Quel est le contraire du franco de port ?

Le contraire est le port dû : l'acheteur paie le transport à la réception de la marchandise. On parle aussi de vente « départ » (ex works), où l'acheteur prend en charge tout l'acheminement depuis les locaux du vendeur.